L’angoisse de la page blanche

Hello, ici Jess. Cela fait un moment que je n’ai pas écrit ici. Heureusement que Lana était là pour nourrir le blog de ses merveilleux articles glamour ! C’est l’avantage d’avoir un blog à deux, quand l’une a un coup de mou, l’autre peut assurer en attendant que ça aille mieux. Enfin jusqu’à un certain point, car au bout d’un moment on culpabilise de laisser l’autre assumer toute la publication, on se sent triste de ne plus contribuer à ce petit univers qu’est Princess in Disguise. Mais voilà, je ne pouvais pas écrire, car j’étais en proie à un mal que nombreux connaissent : l’angoisse de la page blanche.

Car oui, je suis une fille angoissée en général. Ce n’est pourtant pas ce qui transparait le plus chez moi lorsque l’on me rencontre pour la première fois. Généralement, je passe pour une fille enjouée, et dynamique (sic!), assez rigolote (enfin je crois). Mais en réalité, mon petit démon qui ne me quitte jamais, c’est l’anxiété. J’en parle rarement, et c’est pour cela que ça me fait tout drôle de m’épancher ici. Mais en même temps je me dis que cela n’arrive pas qu’à moi et que certain(e)s d’entre vous se reconnaitrons dans ce post très personnel. J’ai toujours peur de choses qui sembleraient anodines à beaucoup, j’ai peur de ne pas faire ce qu’il faudrait, de ne pas dire ce que je devrais, je suis tout le temps en train de me remettre en question. Même en tapant ces lignes je me demande si c’est une bonne idée d’en parler, si c’est l’endroit, si je vais arriver à bien le faire. Mais cette fois-ci j’ai décidé de ne pas me dégonfler nom d’un petit bonhomme !

C’est assez fatiguant d’avoir de l’appréhension pour tout. Un simple coup de téléphone à passer paraît être une épreuve digne des douze travaux d’Hercule, et votre cerveau ne vous laisse jamais de répit avec les « et si, et si? ». Le résultat : on n’avance pas, on a des idées qu’on ne parvient pas à mener à bien à cause de peurs absurdes. Et on se sent nul, oh oui tellement nul. Et les rêves, aussi nombreux fussent-ils, restent des rêves, car on n’a jamais la force ni le courage d’essayer de les réaliser. C’est un peu le serpent qui se mord la queue.

Je n’ai pas toujours été ainsi. Petite fille, j’avais confiance en moi et en mon avenir que je voyais forcément radieux. Souvent première de la classe, jamais angoissée, je naviguais dans mon petit monde sans me soucier de ce qui pourrait éventuellement clocher plus tard. J’ai commencer à ressentir l’anxiété arriver au collège. Tout à coup, les cours que j’adorais avant me sont devenus hostiles, je ne savais plus comment parler aux autres élèves de la classe, et je me suis progressivement isolée. Le lycée a été un calvaire pour moi, avec crises de larmes la veille des cours, et cercle social très restreint. C’est dommage, parce que maintenant que j’y repense, je me dis que je suis passée à côté de belles années, et que je n’avais vraiment pas à avoir peur.

A la fac, j’ai commencé à essayer de vaincre toute cette anxiété en adoptant une attitude « je m’en foutiste ». Pas la meilleure des méthodes à posteriori. Mais je faisais ce que je voulais, je me suis coloré les cheveux dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, je ne suivais que les cours qui m’intéressaient, je me fichais du regard des autres… Il fallait voir mon look à l’époque, j’en ai expérimenté des choses ! C’était un peu excessif si vous voulez mon avis, et au final ça n’a calmé mes angoisses qu’en surface uniquement. Au fond, j’étais toujours la petite souris qui a trop peur de la vie.

Les problèmes sont réapparus vers la fin de mes études. Subitement, toutes les portes m’étaient ouvertes, tous les choix étaient possibles, mon avenir me tendait les bras. Et du coup, je me suis sentie complètement paumée. Trop de choix, je ne savais plus ce que je voulais faire, je ne me sentais à la hauteur de rien, je ne savais même plus vraiment qui j’étais. Mon blog Lulla m’a beaucoup aidée à décompresser car c’était un petit monde où je pouvais tout contrôler et créer un petit univers que me plaisait, qui me ressemblait. Mais la vie en dehors, était loin d’être une partie de plaisir.

Aujourd’hui, j’essaie de travailler sur moi pour prendre du recul. Comme dirait ma grand-mère – et elle a bien raison – rien n’est grave dans la vie, si on a la santé. J’essaie de faire taire cette peur paralysante qui me fait procrastiner et m’empêche de réaliser mes projets. M’empêche d’écrire sur ce blog que j’aime parce que j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur. De ne rien avoir à dire d’intéressant. Cette satanée angoisse de la page blanche qui m’étouffe, moi et mes idées. Cet article est un très bon début pour conjurer le sort, vous ne trouvez pas? Parce que finalement pour quelqu’un qui n’avait pas grand chose à dire au début, je trouve que je ne m’en suis pas trop mal sortie pour le coup !

J’espère qu’écrire tout ce que j’ai sur le coeur a débloqué quelque chose en moi. Je crois que je n’ai jamais écrit de post aussi personnel de ma vie. Et je vous remercie chaudement si vous êtes parvenus à me lire jusqu’ici ! Dans les semaines qui viennent je vais essayer d’être beaucoup plus présente ici, de ne pas laisser Lana s’occuper du blog toute seule. Le pire c’est que j’ai plein d’idées pour des articles qui pourraient vous intéresser ! Je vais donc me mettre au travail, en essayant de faire taire cette petite voix qui me chuchote que je ne suis pas capable d’écrire. Puis carrément la faire disparaître.

Je serais curieuse de savoir si des personnes se reconnaissent dans tout ça. Je pense que oui car nous sommes dans une société anxiogène qui prône la compétition et le dépassement de soi à outrance, enfin selon moi. Et pour les blogueuses, comment faites vous pour surmonter vos petits manques d’inspiration? Et avez vus des trucs pour gérer  l’anxiété en général?

Merci d’avoir lu ce pavé (et encore, j’ai sauté des passages ^^), j’espère que ce type d’article plus personnel vous aura plu ! Je vous souhaite un très bon week-end et vous dis à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures (oui c’est promis !)

Bisous !